manger sur le pouce 27 octobre, 2009
En sortant du boulot, j’ai vu un travailleur manger sur le pouce avec un verre dans le nez. Eh ben il avait l’air malin !
Jean-Lou de mer 17 février, 2009
Arrivé sur une écume, Jean-Lou
de mer,
trainait en bon pêcheur, de bar,
en bar.
Au petit navire, le serveur, le voyant venir de loin avec son œil de poisson mort, comme d’habitude, lui propose un café.
Comme d’habitude, l’autre répond qu’il n’a pas envie de la boire,
La tasse.
Pensant aux conséquences, il la boit quand même,
sans faire de vagues.
Comme d’habitude, il rentre chez lui, et dans une bouteille de whisky,
Se noie.
Il n’avait pas le pied marin !
Tournez manège ! 17 février, 2009
J’étais au centre du manège, et les chevaux de bois autour de moi tournaient, tournaient. La musique entraînante était à la vie en rose d’Edith Piaf, sur des padam padam de la foule sentimentale. Les badauds tournoyaient encore et encore, debout sur un disque vinyle de Count Basie. Un homme, une femme. Un clodo, un vélo. Un môme, un tour, un môme. Le marchand de gaufres, un tour, le marchand de gaufres. Mon café dans sa tasse, virevoltait. Ma tasse dans sa soucoupe ; volante. Le barman dansait une valse à quatre temps, les phares des voitures indécentes lançaient leurs lumières orange et blanches ; clignotants de toutes parts. Tournez, tournez ! Des girafes au long cou, des hélicoptères, des avions. Attrapons le pompon. Mon bar autour du rond-point ne pouvait plus s’arrêter. Toujours le même sens, sans arrêt, de plus en plus vite. Soudain, la musique s’arrête. Le soleil disparait, le vent froid de l’hiver et ses giboulées font leur apparition. Une femme en haillons, allongée dans la neige, sur le trottoir. Il fait presque nuit, mes passants passent, personne ne remarque cette vieille, les jambes séchées par la faim, le visage creusé comme un squelette. A côté ; un enfant cueille une primevère.
tordre le cou aux idées reçues 5 février, 2009
Un jour, j’ai vu une idée reçue traverser la rue de la roquette, elle est venue s’assoir à côté de moi, en terrasse. Elle était brune, à talons hauts. Les lanières en cuir de ses chaussures montaient jusque sur ses jolis mollets. Elle me fit du gringue, me déshabilla du regard. Elle n’arrêtait pas de déblatérer encore et encore. Elle parlait du monde comme quelqu’un qui n’était jamais sorti de chez lui, et qui voyait l’humanité comme à travers son poste de télévision. Je me suis levé, je lui ai tordu le cou !
Maggy t’arrange… 3 février, 2009
Sur ma guitare à cheveux d’ange, quand je la gratte, les anges rigolent. Si je tend trop une corde, ils m’insultent, parce que je leur tire les cheveux, et me disent que je suis sur la corde raide. A force de leur tirer et de leur casser les cheveux, ils se sont envolés, et mon inspiration avec. Mais si je ne joue pas, un ange passe. Quel dilemme ! Alors ils viennent me hanter la nuit. Mes vieux démons reviennent, ils me supplient de leur caresser les tifs. Je devrais jouer du saxo-sirène…
travail 3 février, 2009
Travailler comme un forçat : n’est-on pas forcé de travailler pour survivre ?
