Café prolepse

Le laboratoire d’idées zé de mots

Un nuage dans le café 19 novembre, 2008

Classé dans : Roman — vince B. @ 4:43

Les infractions aux droits d’auteur sont sanctionnées pénalement (CPI, art L.335-1 à L.335-10)

l’article L.111-1 du code de la propriété intellectuelle (CPI) « l’auteur d’une œuvre de l’esprit jouit sur cette œuvre, du seul fait de sa création d’un droit de propriété incorporelle exclusif et opposable à tous.

Outre des sanctions civiles , la violation des droits d’auteurs est constitutive du délit de contrefaçon punie d’une peine de 15244,9 euros (1000 000 F) d’amende et de 2 ans d’emprisonnement (CPI, articles L. 335-1 et suivant). Des peines complémentaires (fermeture d’établissement, confiscation, affichage de la décision judiciaire) peuvent en outre être prononcées.

CETTE OEUVRE EST PROTEGEE A LA S.N.A.C

(Socité Nationale des Auteurs Compositeurs)

Boutique prêt-à-porter recherche vendeur, langue anglaise souhaitée, CDD 2 mois, débutant accepté. Envoyer CV + lettre de motivation à ANPE qui transmettra.

Salut. Je me prénomme Luc. J’ai trente ans, pas de fric et les cheveux longs. Je ne travaille pas vu que je vis sur votre dos. Concrètement ? Je suis un incrusteur. Une race toujours à découvert pour se faire payer un verre ou un dîner. Je profite de vous ! Je me fais inviter sans que vous le sachiez. Même si vous me trouvez sympa, attachant et drôle, ne rêvez pas ! Je ne suis pas votre ami et ne le serai jamais. Vous m’acceptez comme je suis parce que j’ai des qualités humaines que vous trouvez extraordinaires, vous m’aimez pour ce que je suis. Forcément, J’ai le don de bien savoir manier les gens pour qu’ils aillent dans le même sens que moi. Tout le monde me connaît, et je ne connais personne. Parfois, des gens m’arrêtent pour me dire bonjour : je leur rends leur politesse, on ne sait jamais ça peut toujours servir. Mais au fait, on se connaît ?

Me définir ? : Je suis un esprit contradictoire, méfiant. Je contrecarre ce que je dis parce que souvent, je  ne suis pas d’accord avec moi-même. Par contre, ne me faites pas de reproche, je suis toujours de bonne foi dans ce que j’avance, et je n’aime pas les collections : Ça prend de la place, c’est moche, c’est ringard, c’est chiant et c’est cher. Le seul côté positif  avec un objet, est qu’il suffit de l’acheter, de le posséder. Et de le jeter quand on veut. On ne lui demande rien, il ne pose pas de questions. A dire vrai, je fais plutôt dans la collection d’êtres humains, d’amis et de relations. J’ai besoin d’être entouré très souvent pour que l’on m’écoute, me comprenne, peu importe l’esthétique de l’objet. Pardon. De la personne. Petit ou grand, femme ou homme. Quoique, j’ai une nette préférence pour une « être humaine ». C’est mon choix. Remarquez au passage que la femme est un objet bien pratique : il suffit d’être vu en sa compagnie, et si possible, qu’elle soit différente en chaque occasion, pour laisser paraître aux autres que vous devez être quelqu’un d’important. Comme une Rolex fait briller votre pouvoir, la femme vous fait devenir le centre d’attraction. Sans vous, pas une soirée ne peut se dérouler, ce qui attire encore plus de relations féminines – pour des raisons plus ou moins obscures, mais elles sont là  –.

Je n’aime pas les endroits vides, c’est triste. Il n’y a pas d’ambiance – au fait, est-ce pour ça que les collections existent. Pour remplir les endroits vides – ? Je ne sais pas si ces lieux sont pires les jours de pluie, parce que le néant c’est déjà un peu la mort, mais en même temps, je n’aime pas quand c’est trop plein, il n’y a pas de place, on doit attendre. On vous met dans un coin merdique. Si vous voulez,  je me décale encore d’un rang et j’irai boire mon kawa[x] dans les chiottes ! Le hic c’est le trop plein, le hoc c’est le trop vide. Et sur ce dernier point, on est obligé de commander les clients sur catalogue, et c’est alors la porte ouverte à tous les emmerdeurs, si on ne choisit pas bien. Il faut mettre un tant soit peu d’ambiance, consommer un minimum, et savoir partir quand il le faut. Il y a un book avec de belles têtes de vainqueurs selon la nature de la cible : Il y a les raclos, mais aussi les djeuns, les softs, les vieux, les pêcheurs, les losers, et toute une déclinaison que je ne m’efforcerai pas de lister ici. Autre chose : je n’aime pas les vieux qui vont à un festival de jazz pour boire une coupette dans les loges tout en regardant Popa Chubby. Ils n’ont rien vu du spectacle, mais ce n’est pas grave. Ils ont montré au monde leur puissance avec leur champagne  offert. De toute façon, ils ne comprennent rien à la musique, ni même à rien du tout d’ailleurs. Pour preuve : au moment du rappel ils pensaient que c’était fini, se sont levés et sont partis. Ici dans la ville balnéaire, il y a toujours prétexte à sortir mémère et ses bijoux, non pas pour la mettre en valeur puisque c’est largement trop tard. Le but de la vioque ultrasophistiquée est de ressembler à une boule à facettes géante, pour faire briller l’image des autres boules à facettes géantes qu’elle serait susceptible de rencontrer, qui à leur tour, renverront son image à l’infini. Bref, on s’emmerde grave à Villeplate/Mer.

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Monsieur,

Je pense que vous me verrez très bientôt dans vos locaux, et que j’aurai la joie d’être votre laquais, métier en voie de disparition à mon grand regret, afin de pouvoir collationner avec vous d’un bon café chaud.

Au fait, je n’aime pas travailler. Le boulot ça me fait chier ! Je vous choque en disant cela ? Je vous rassure, je ne suis pas le seul à penser ça. Pour moi, mettre la main à la patte, c’est survivre. Je ne sais pas quel con nazi vous a mit dans la tête que le travail c’est la santé, mais Marx disait aussi : « …plus le monde des choses augmente en valeur, plus le monde des hommes se dévalorise ; l’un est en raison directe de l’autre. Le travail ne produit pas seulement des marchandises ; il se produit lui-même et produit l’ouvrier comme une marchandise… » !

Pourquoi je dois être motivé pour vous écrire une lettre ? A vous ? Mais je n’en sais rien moi ! Demandez plutôt à quelqu’un d’autre. Ici, je crois que vous êtes tombé sur le mauvais exemple. Moi mon truc, c’est raconter des histoires. Raconter des histoires, ça n’a l’air de rien comme ça, mais ça demande des sacrifices. Je suis souvent claqué, ça demande du temps, beaucoup de temps ! On doit trouver les idées puis les mettre sur papier. Ensuite, il faut que ça grandisse tout seul. L’ampleur doit venir de l’histoire elle-même. Je ne parle pas de faire du copier-coller. Je parle de déballer le morceau. Dégueuler ses tripes jusqu’à s’en faire péter la panse. Chier la nausée et les vicissitudes de la vie par le trou de bal écorché vif, saignant à cause des hémorroïdes que la dureté des couches populaces à fait mettre ici, là tout prêt. On pourrait presque les toucher. Et si on tendait l’oreille, on pourrait même l’entendre ce gargouillement d’estomac qui lâcherait subrepticement un air d’accordéon

Quoi qu’il en soit, j’envisage une grande carrière de vendeur dans la perspective de pouvoir évoluer avec votre entreprise dont je ne connais même pas le nom. Il faut dire que je suis très motivé à l’idée de gagner une misère et de me faire exploiter  pendant deux mois.

Dans l’attente d’aucun entretien ultérieur, je ne reste pas, Madame, Monsieur, à votre disposition pour prendre le thé.

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Qu’est-ce qu’ils croient ? D’où ils me parlent ? Ils me prennent peut-être pour un Taïwanais de dix ans qui fabrique à l’autre bout du monde des articles de sport, qui crève la dalle, et dont le salaire est cent fois inférieure au prix de vente affiché en rayon, et qui est obligé de travailler sept jours sur sept pour faire vivre toute sa famille ? Moi je veux mon week-end, cinq semaines de congés payés, des commissions à la pelle, une bagnole de service avec chauffeur, et une secrétaire ultra bandante. Et là, je bosse même le jour du Seigneur s’ils veulent !  J’y crois pas ! Non, franchement. J’ai quand même un standing à respecter. J’ai enfoui en moi une indépendance d’esprit, d’imagination, une indépendance tendance free style, l’émancipation sans constipation de la communication, le foisonnement sans tâtonnement d’idées créatives, le carrefour de la création en mouvement. Les vendeurs, à part prêts à porter le nom qu’on leur donne, je ne vois pas en quoi ils pourraient m’apporter quelque chose ! Demain, je dois rendre le numéro zéro d’un magazine pour le « Ouest Hebdo »  dont la sortie est prévue dans quelques mois. Ce n’est pas le job qui pourrait me faire prétendre au titre de meilleur employé de l’année, vu que l’édition est de sous-catégorie et que seuls les intéressés en connaissent l’existence, mais la chose se veut complémentaire et contribuera à long terme, j’en suis sûre, à cette option…

Non ce n’est pas vrai ! Je n’ai pas de métier. Je suis un handicapé de l’identité salariale, je me suis fondu dans la masse. Tellement bien fondu que je pourrais être un personnage de « FBI portés disparus », sauf qu’on ne pourrait pas me retrouver, puisque je n’existe pas.

 

Long con ! 15 novembre, 2008

Classé dans : Jeux littéraires — vince B. @ 5:23

Il régnait un silence de plomb. Ses pieds trop longs trainaient dans le vent. Je vous ai tous vus dans la nuit ! Il était lourd… Les dents bien soudées, il virevoltait comme une tornade. Un chirurgien enragé lui avait coupé le pied… Avec un journal endiablé, en plein hiver… Espèce de long con ! Avec son cou tordu, il aurait dû filer sous la pluie et disparaître ! C’est dommage, il était bien sympathique vu dans le jour…. Il portait une godasse bien chouette, et s’exposait là, au soleil….

 

La bascule à charlot 15 novembre, 2008

Classé dans : le mot de la semaine — vince B. @ 5:00
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guillotine La bascule à charlot = la guillotine