Il régnait un silence de plomb. Ses pieds trop longs trainaient dans le vent. Je vous ai tous vus dans la nuit ! Il était lourd… Les dents bien soudées, il virevoltait comme une tornade. Un chirurgien enragé lui avait coupé le pied… Avec un journal endiablé, en plein hiver… Espèce de long con ! Avec son cou tordu, il aurait dû filer sous la pluie et disparaître ! C’est dommage, il était bien sympathique vu dans le jour…. Il portait une godasse bien chouette, et s’exposait là, au soleil….
l’arrêt au port… 28 octobre, 2008
C’était un samedi, je m’en souviens.
En partant, j’ai vu qu’il y avait une moquette belge sur l’ aréoport. Il y tombait des cornes, et je pleurais à grosses larmes qui roulaient sur mes joues. Je ne sais plus ce qu’il y avait d’autre, car je n’ai pas trop remarqué le décor. J’avais le cœur tellement serré que j’y ai chopé un infractus en la voyant partir et s’éloigner dans le ciel, loin de moi, et me laissant là, seul avec mon désespoir.
Depuis, j’ai le citron en compote. Il y a du bruit qui s’y balade et des images sans voix aussi. Je vois que je déraille. Ma bouche semble rester toujours pâteuse, avec une envie d’avaler des litres d’eau. J’entends les pas résonner dans mon cerveau au fur et à mesure que mes talons viennent claquer l’asphalte, et mes yeux me font continuellement mal. J’avance à moitié courbé sous le poids de la tristesse des amours perdues. J’erre un peu au grès du hasard, des bonnes choses, et des mauvaises surprises. Je vois bien que les gens autour de moi me regardent bizarrement, alors je leur tire la langue la plus longue possible. Dès fois, il y a des mioches qui me rendent la pareille.
Le lendemain, dimanche, j’ai dû rester au lit avec la pindicite. Un truc qui ne tombait pas au bon moment évidemment. Non seulement, j’avais mal au ventre, mais aussi à la georges, à cause que j’avais été trempé la veille.
Le lundi, je suis tombé en ceinte pas très loin de l’Obélix, et j’ai accouché dans la rue comme un clodo. J’ai traîné avec des charclos et j’ai pissé dans le métro. J’ai abandonné mon môme en allant voir un pestacle de clowns, parce que la maille, ça ne se trouve pas dans la moutarde. Mais je savais que là-bas, il y aurait bien quelqu’un pour s’en occuper comme il faut.
Le mardi, je ne savais pas quoi faire, alors je suis allé voir un combat de bosque tout seul. Sur le chemin, j’ai pleuré parce qu’elle m’avait abandonné.
Le mercredi, en traînant dans la rue, j’ai croisé un drôle de type qui voulait que je lui ajète de la farine dans un petit sachet en plastique transparent. Je ne sais pas pourquoi, mais il insistait en me disant que c’était de la bonne. Moi, je n’avais vraiment pas besoin de farine. Surtout que je ne sais même pas où j’habite, et ça m’étonnerait donc que je retrouve un jour une poêle pour faire des crêpes. Mais c’est à ce moment-là qu’il se mit à pleurer. Alors, pour lui faire plaisir, je lui achetai son sachet avec le seul argent que j’avais trouvé par terre. 100 Euros. Plus tard, j’ai fait des crêpes avec un ami qui logeait dans les sous-sols du métro. Les crêpes Australiennes que je les ai appelées, parce qu’en les ayant mangées, je voyais des arborigènes me courir après avec des arcs et des flèches. Et tout nus en plus. Mon ami me raconta brièvement une histoire de poudre blanche que je ne compris pas. Il me dit en gros, que j’avais été roulé dans la farine et il se mit à rigoler.
A la maison, personne n’avait eu de nouvelles de moi pendant tout ce temps, et on avait commencé les recherches.
Le jeudi, ma mère, après des efforts herculéens, me retrouva complètement par hasard endormi dans un caniveau de la place Saint-Michel. J’étais sale, plus sale qu’un cochon, avec des habits qui avaient pris toutes les saloperies qui avaient pu traîner par terre. Mes cheveux étaient gras, et je ne sentais pas très bon.
Le vendredi, à ce que l’on dit, ma mère m’avait transporté tan bien que mal, seule, jusqu’à un hôpital en urgence, puis on m’a envoyé vers un spychiatre en ville.
Le samedi, j’appris que le spychiatre était le plus grand spécialiste des maladies de la tête, et ma mère me dit que je devais lui faire confiance.
Le dimanche, jour du Seigneur, il n’y eut rien.
Le samedi de l’année suivante, j’avais vu très souvent le docteur. En fait, c’était une doctoresse. Elle me dit : « Voilà. Je pense que c’est fini. En cas de besoin, vous pourrez toujours me joindre à ce numéro. » Elle, le psychiatre, m’a appris que j’étais devenu dyslexique, hypocondriaque et paranoïaque. J’ai fait beaucoup de séances avec elle, et m’a appris énormément de choses sur moi.
Plus tard, je suis retourné à l’aéroport, et j’ai enfin remarqué qu’il y avait une moquette beige, qu’il y tombait des cordes, que je n’avais jamais vu d’aborigènes et que je n’avais jamais eu d’infarctus ou d’appendicite. Mais c’est en mettant la main dans ma poche, et en tombant sur sa photo, que j’ai su. Il y avait bien eu une fille qui m’avait aimé.
le temps – part. 4 combien vaut un mètre ? 9 septembre, 2008
Oui ! Combien vaut un mètre ? 100 cm bien sûr, ou encore 1000 mm. Mais encore ?
Quel est la valeur d’un mètre. Que cela veut-il dire qu’un mètre. Si l’on associe par habitude et par facilité le temps au mouvement, que veut dire ma vitesse de déplacement <t> par rapport à ma longueur de mouvement ?
Avant la révolution, nos systèmes de mesure n’étaient pas les mêmes partout et pouvaient varier avec une très grande différence. Mon voisin de la région A pouvait avoir un tissu beaucoup plus grand que mon voisin de la région B, parce que tout simplement le vendeur avait un avant bras plus long que celui de la région B (mesure de la coudée).
A la révolution, on a voulu que tout le monde puisse échanger et communiquer avec son voisin sans problème : unifier le système. Il a été décidé de prendre une mesure dans la nature, qui aurait pour base un morceau de la Terre qui conviendrait à tout le monde.
Les Français choisirent comme base le méridien terrestre. Ils décidèrent que le mètre serait défini comme la quarante millionième partie d’un méridien (cela veut dire qu’il faut 40 millions de mètres pour faire le tour de la Terre).
Aujourd’hui, le mètre correspond à la longueur du trajet parcouru par la lumière pendant une durée de 1/299 792 458ème de seconde (décision prise lors de la conférence générale des poids et mesure – Paris, octobre 1983).
Un mètre est-il devenu du temps ?
le temps – part.03 – combien vaut une seconde 3 juillet, 2008
Combien vaut 1 seconde :
D’après l’horloge atomique, une seconde vaut 9,192,631,770 périodes de la radiation correspondant à la transition entre les deux niveaux de l’état fondamental de l’atome de césium 133. Ce calcul est donné par le Bureau international des poids et mesures, qui résulte de la moyenne de 250 horloges atomiques réparties dans le monde.
Le principe d’une horloge atomique est d’asservir un oscillateur à quartz sur le rayonnement émis lors d’une transition atomique entre deux niveaux d’une structure hyperfine
(La structure hyperfine d’un niveau d’énergie dans un atome est une séparation de ce même niveau en états d’énergie très proche. Il s’observe essentiellement par une raie spectrale dans le domaine radio ou micro-onde).
On pourrait schématiser par : un atome qui passe d’un état d’énergie(1) à un autre état d’énergie différent(2). C’est une transition entre deux niveaux atomiques. C’est enfin un calcul de nombres d’atomes césium 133. Notre préoccupation n’est pas ici de se lancer dans des explications très poussées. Nombre de livres le font très bien…
Pour plus de précisions sur le fonctionnement de l’horloge atomique par jet d’atome césium 133 :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Horloge_atomique
Le césium 133 définit-il le temps :
Qui nous dit que calculer la transformation d’un état d’énergie à un autre – par conséquent le calcul de nombres d’atomes après le passage de l’état1 à l’état2 – peut définir le temps ? Dans ce cas, le temps devient le calcul d’une durée.
le temps – part.02 – les premières horloges 3 juillet, 2008
Les premiers cadrans solaires :
Le premier cadran solaire connu date d’environ 1500 ans av. J-C. avec principalement le développement du commerce. Il devint donc nécessaire de décomposer le jour en périodes plus courtes pour correspondre à l’organisation de la vie quotidienne.
Cela nous vient de l’ère Babylonienne (environ 2300 ans av. J-C.). On lisait déjà l’heure par rapport à la position du Soleil. La division en 24 unités de temps nous vient de cette civilisation.
Le meurtre 15 juin, 2008
Je le voyais dans le jour, en pleine lumière.. Avec un pantalon trop long, trainant dans le sable. Il vit dans la nuit, dans l’orage.. Un string trop court que portaient les jumeaux. Il dormait la nuit comme un fantôme.. En caleçon trop serré, tout en commettant un meurtre. Il prit un livre en vitesse, et monta dans une voiture.. En chaussettes moins sèches que lui, dans la rue. Comme la nuit, comme la Lune.. En godasses trop lasses. Las, il visitait les environs.
Le temps – part.01 15 juin, 2008
“Qu’est-ce donc que le temps? Quand on me le demande pas je le sais mais dès qu’on me le demande et que je tente de l’expliquer, je ne le sais plus.” Saint-Augustin
Le temps est une construction mentale de l’homme, en ce sens que le temps n’est pas saisissable en soi. La notion de temps n’est dérivable d’aucune autre notion. De fait, tenter d’expliquer la notion de temps est impossible, puisqu’on va mettre des mots non appropriés dessus. Il n’est pas un phénomène comme le vent ou l’orage. Il n’y a pas de particules de temps comme il y a le photon – qui est la particule qui conduit la lumière –.
Le temps est dans l’homme tout en étant à l’extérieur de lui, en ce sens que, comme il est une construction, une projection, il est une représentation de ce que le temps « dure ». Mais le temps n’est pas précisément ce qu’il est, mais ce qu’il n’est pas. Pour les physiciens (ou certains physiciens), le temps est à l’extérieur de nous et ne peut être défini par les seules citations d’écrivains célèbres ou de philosophes les plus éclairés. C’est une chose qui est là, à tous les temps. Même après la mort, le temps est toujours là, il ne s’arrête pas avec nous. Le temps ne fuit pas, il ne passe pas trop vite, il ne s’accélère pas, ne ralentit pas. Il est comme une entité qui est là, impalpable, inodore, incolore, inobservable. On ne voit pas le temps passer. C’est seulement l’idée que chacun s’en fait qui passe. Autrement dit notre vie qui court vers la mort.
Pour se rassurer, l’homme à toujours cherché (depuis la nuit des « temps ») à trouver des explications à ce pourquoi il est sur Terre, pourquoi il vit et pourquoi il meurt. Il est nostalgique de son passé, et à peur de son avenir. L’avenir c’est la fuite vers la mort. La conscience de l’homme est l’unique réalité, le reste n’étant que représentation pervertie de sa pensée.
Le temps n’est pas un outil mathématique, ni une grandeur mesurable. Il l’est devenu parce qu’on a décidé qu’il fallait un outil pour mesurer notre gain de temps en termes de technologies, et donc de vitesse.
Pourquoi le temps date de 2300 ans av. J.-C. ? S’il date de cette époque, ce n’est pas pour mesurer notre gain de vitesse – du moins pas à notre sens moderne –. Mais pour quoi donc ? Principalement pour des raisons de saisons, de culture des terres. Il fallait déjà être à l’heure pour ne pas rater la récolte, et semer les graines à temps… pour bien commercer et gagner le plus d’argent possible. L’homme s’est aperçu que s’il « gagnait du temps », il gagnerait plus. A partir de ce moment, la construction de la notion de temps est entrée en jeu…
La bascule à charlot = la guillotine